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Live Report : Récit de la Route du Rock 2014
23 Septembre 2014
Ahhh la Bretagne… Saint-Malo, ses remparts, sa piscine naturelle, ses kouign amanns, ses goélands cleptomanes, ses averses soudaines, son soleil traître, son air iodé, ses Loïc et Gwenaëlle, ses bières bretonnes, son quartier de Saint-Servan. Quel plaisir d’être de retour dans cette région avec ses amis pour entamer les vacances. Et quelle excitation de savoir que celles-ci se termineront au Fort Saint Père pour la 24ème édition de La Route du Rock, festival culte qui chaque année, nous propose une programmation riche en découvertes et en émotions.
 
Après un début de semaine partagé entre balade à Dinard, randonnée à la Pointe du Groin et soirées pintes, nous réalisons subitement que le début du festival approche à grands pas et que notre équipement vestimentaire laisse sérieusement à désirer. Et oui, la Route du Rock rime souvent avec pluie. Et qui dit pluie dit boue, qui dit boue dit catch féminin, poitrines qui se frôlent, culottes trop petites qui rentrent dans les fesses et qui… Hum… Pardon. Qui dit boue dit évidemment bottes. De plus, les stagiaires de Météo France nous annoncent une sale semaine avec prévisions d’orages, de grêle et même d’attaques de goélands. Faudrait peut-être voir à arrêter la gnôle au boulot les mecs... Un petit tour chez Leclerc et nous voilà en possession des quatre dernières paires du magasin et peut-être même de la ville. Chance. Nous voilà donc prêts. Sauf Fabien, un de nos amis, que nous appellerons ici « Fabien » pour conserver son anonymat, à qui il manque un élément indispensable: le K-Way. Embêtant. Merci Décathlon.
Nous décidons de faire l’impasse sur la soirée d’ouverture du mercredi à la Nouvelle Vague, pour cause d’absence de places, et choisissons d’aller nous encanailler au Riff Magnétique, bar rock de la cité corsaire, pour préparer nos oreilles aux trois jours à venir. 
 
Ahhh les trois jours à venir… Si vous imaginez que la suite de l’article sera composée de critiques pointues sur chaque artiste avec détails sur la qualité du son et les setlists, désolé mais vous pouvez passer votre chemin. Premièrement car mon précieux carnet Hello Kitty où étaient renseignées des tonnes de minutieuses notes m’a été dérobé lors d’une attaque de goélands. Incroyable, pour une fois que Météo France a raison. Et deuxièmement car, dans mes souvenirs, il n’y avait pas tant de notes que ça dans ce carnet. Je ne pourrais donc vous proposer qu’une sorte de ressenti ou se mêlent rigolade, boue, amitié, alcools, rencontres, urine et musique, beaucoup d’uri… de musique.
 
C’est sur la plage de Bon Secours à Saint Malo que toutes les journées démarrent. A 16h. C’est gratuit. Un groupe par jour joue face à la mer et cette magnifique piscine naturelle qui reste remplie à marée basse. Classe. C’est parfait pour commencer à siroter des bières, en bottes sous quelques gouttes le premier jour pour Johnny Hawaïï et ses instrus planantes, ou en short de bain sous un beau soleil le dernier jour pour Pégase, sa pop rêveuse et les bonnes blagues de leur chanteur Raphaël. L’endroit est vraiment agréable, et c’est amusant de voir se mêler devant cette petite scène touristes en mode banane/birkenstock/chaussettes, locaux qui vaquent à leurs occupations habituelles, festivaliers éméchés et pervers en imper. Et toujours ces putains de goélands qui préparent des mauvais coups, c’est évident.
 
Pour la suite, c’est 18h30 au Fort Saint Père, à une douzaine de kilomètres de Saint-Malo selon mappy. Direction la gare pour chopper la navette. La navette, c’est marrant. C’est des bons moments la navette. Oui c’est long, oui il y a du monde, oui on est serrés, mais on picole dans la navette, alors on refait le monde dans la navette, on est heureux dans la navette. Ça chante, ça rigole, c’est bonne ambiance dans la navette. C’est la navette quoi. Merci à « Woody » pour le rhum gingembre, avec du vrai gingembre et tout. Merci aux bouchons sur la route qui nous ont forcés à entamer notre deuxième bouteille plus vite que prévu le deuxième jour. Et donc d’être saouls plus vite que prévu, voire trop vite. Merci à la très belle fille du premier jour et son regard perçant qui m’a fait voyager loin dans ma tête. Tout était plus agréable grâce à toi. Même le fait d’avoir le visage à 5 cm de l’aisselle d’un allemand dont l’odeur était un mélange de sueur, de schnaps et de rot de goéland.  Et un grand merci à « Pierro » pour avoir remplacé la navette par sa Corsa le troisième jour pour un fameux trajet vodka/tonic.
 
C’est donc avec un grand sourire, les yeux brillants et l’haleine aromatisée que nous débarquions trois jours durant sur le site principal, prêts à en découdre sur de la musique rock, sous les éclairs des stroboscopes, elles dansent le jerk. Autant vous dire que nous n’avons jamais réussi à arriver à l’heure pour les premiers concerts. Ce ne fut pourtant pas faute d’essayer, mais l’espace-temps situé entre 16h et 19h nous réservait toujours des surprises. Apéritives la plupart du temps. Ces contretemps n’étaient dans tous les cas pas désagréables et nous permettaient d’arriver « en forme » pour le début des seconds concerts.
 
Il parait qu’Angel Olsen avait une serviette autour de la tête. Moi qui l’imaginait souvent l’ayant autour de la taille, sortant de ma salle de bain… C’était sûrement un signe du destin. Tant pis. 
The War On Drugs prend le relais et… Il faut dire que j’ai toujours pensé qu’un titre ou un nom de groupe avec le mot « Drugs » envoyait mémé dans les orties. Et bien figurez-vous que non. Mais il y a le mot « War » aussi, ça balance ça ! Bah non, toujours pas.
J’en profite donc pour me rendre au stand thaï en sautant dans les flaques. Oui j’ai des bottes. Le mec est super sympa et me fait goûter tous les plats avant que je ne me décide. Je lui dis que cette dégustation m’a bien suffi et que je n’ai finalement plus faim. J’ai un humour de dingue. On rigole, on se tape sur la cuisse, on se fait des clins d’œil, ça part en chat-bite, je commence à baisser mon…
 
Bref, je repars avec mon assiette de riz pour voir Kurt Vile and The Violators. Pour des Violators, ils ne risquent pas d’avoir trop de plaintes au cul. A la rigueur une petite main courante pour exhibitionnisme sur un ou deux titres où l’on entrevoit un bout de quéquette, et encore, on est plus sur de la zigounette. Un cercle se forme dans la foule, les gens s’écartent. Un pogo ? Sur Kurt Vile ?! Non, seulement une dénommée « Sansan » qui avec sa collègue profitent de la boue comme des marmots dans un bac à sable. Les deux joyeuses luronnes s’en donnent à cœur joie et leurs vêtements en témoignent. Eclaboussures dans tous les sens, jets de boue prémédités à l’aide de coupes de champagne. Superbe. De toute évidence cela ne plaît pas à tout le monde. Rohhh ça va, ce n’est que de l’eau et de la terre. Et de la pisse. Fallait juste ne pas mettre son costard blanc aujourd’hui.
 
On s’échappe pour voir Real Estate qui nous embarque avec eux sur leur gros nuage molletonneux. Toujours pas de claque, mais c’est doux, ça réchauffe, l’impression d’être allongé nu sur la plage, en dégustant un petit lait chaud avec du miel, tout en se faisant caresser la… peau par les rayons du soleil.
 
A la place, on s’envoie un bon gin de derrière les fagots et on arrête de sourire bêtement. Grosse latte de cowboy sur la clope et nous voilà parés pour tendre la première joue devant Thee Oh Sees, qui ne présente pas son crew habituel. Fini la charmante Brigid au clavier et aux cœurs, le Petey et son cou tatoué en titane et le Mike qui donnait l’impression qu’il pouvait lâcher une plaque à tout moment. C’est maintenant un trio, provisoire, donc qui laisse penser que le line up originel reviendra, mais les fans semblent déçus. La déception sera de courte durée car John Dwyer et ses nouveaux acolytes envoient la sauce. Piquante. Gifle nous attendions, gifle nous avons reçu. La Route du Rock commence vraiment. Dwyer et son short en impose et nous retourne comme des crêpes, de sarrasin, avec ses riffs répétitifs et hypnotiques. Concert un peu court? Notre joue est bien rouge et on a bien transpiré. C’est bien là le principal.
 
Retour sur la petite scène des remparts pour The Fat White Family. Ce n’est pas devant ces cramés de la calebasse que nous allons sécher. Les londoniens sentent la came à plein nez. Pas mieux pour leurs chansons. C’est lancinant et cradingue à souhait. L’impression de marcher sur une vieille seringue rouillée dans un vieux squat de Brixton. Le chanteur Lias Saoudi et ses cris d’animaux attirent toute l’attention sur son torse nu et sa tête de Gainsbourg échappé d’un asile. Bonne performance pour ce groupe de fracassés avec une vraie attitude rock. La grosse famille blanche à bien réussi à nous en décoller une dans la mouille. Il va falloir se remettre des mousses dans le cornet pour retrouver l’ivresse car on a déjà éliminé pas mal de toxines.
 
Caribou arrive sur la grande scène et… J’avoue que c’est compliqué de prendre son pied après les deux concerts précédant. On choisit de faire les cons dans la boue, un peu à l’écart, tout en sautillant légèrement sur quelques tubes dansant des canadiens. « C’est pas très rock tout ça? » m’interroge « Fabien » et son K-Way flambant neuf. « Bah non pas très mon cher Fabien, on va pisser? » « Ouais mais il y a la queue » «Oh tu sais tout le monde pisse dans les coins ici. Même les nanas » C’est vrai que même si le ciel était nuageux ce soir-là, on a souvent vu la lune. Lol.
 
Darkside termine la soirée. Nicolas Jarr et Dave Harrington étaient vraiment faits pour bosser ensemble. Grosse alchimie entre les deux musiciens. Les voir se renvoyer la balle à coup de grosses basses et de solos blues avec en sus cette impeccable scénographie fait plaisir à voir. En alternant violence et montées aériennes, le duo qui annoncera une pause à durée indéterminée une semaine plus tard, nous aura à son tour décoché une bonne baffe, avec un gant de velours certes, mais la main était bien lourde.
 
La première soirée déjà terminée, il est temps de regagner notre rbnb de Saint-Servan (merci « Pierro ») le sourire aux lèvres et des sons plein la tête pour mettre la viande dans le torchon, bien aidés il faut le dire par les savants dosages cannabinoïdes que ce bon « Fabien » glisse dans notre tabac. Voilà à quelques détails près comment se déroulaient nos journées et nos nuits en terre bretonne. Nous étions bien évidemment chauds comme des braises pour profiter pleinement des deux jours restants tout en gardant cette même ligne de conduite. Irréprochable.
 
Seuls changements notables des deux jours suivants, la boue est dorénavant mélangée à de la paille, ce qui donne une petite ambiance « l’amour est dans le pré » et nous ne verrons plus la moindre goutte de tout le festival. La pisse n’étant pas prise en compte. Anna Calvi nous accueille sous un superbe temps. Qu’est-ce qu’elle est jolie Anna Calvi. La tête en arrière avec ses lèvres rouges, les rayons du soleil faisant ressortir ses grands yeux verts, je m’égare à nouveau, et ne profite pas pleinement de la musique. Désolé.
 
Les gars de Protomartyr débarquent. Canette de 16 collée dans la main, costard négligé, lunettes vissés sur la tête et attitude nonchalante. Joey Casey et son groupe démarrent sagement. Petit à petit, leur post-punk prend de l’ampleur, bien aidé par Greg Ahee, le guitariste tout droit sorti d’un teen-movie américain. Impossible de donner un âge à ces loulous qui alternent fulgurances électriques et fausses balades qui sentent le pneu et la pollution. Gros concert et nouvelle claque rock administrée par ces mecs de Detroit. C’est typiquement le genre de surprise que la Route du Rock arrive à nous dénicher chaque année. Et nom d’une pipe, c’est bon.
 
 
Beaucoup de gens étaient apparemment là « uniquement » pour Slowdive et Portishead. Il parait que c’est ouf sur scène, que c’est trop cool, qu’on va s’en manger une, qu’on ne l’aura pas vu venir, qu’on nous aura prévenus. Ok. Bah ouais Slowdive c’est sympa. Voilà, voilà… ça va, vous, si non ? Ah si ! J’ai une super photo de Portishead avec le fond rouge et jaune derrière en rond. Mais si, celle que tout le monde a prise pour immortaliser ce moment. Chiant. C’est peut-être un problème de génération. Après tout, « je n’ai que 16 ans » comme disait Dawson. En tout cas les « anciens » ont l’air d’apprécier.
 
Le temps de vidanger tout ce qu’on s’est enfilé en roteuses et on file devant la petite scène pour voir Metz. Pour faire simple, Metz ce n’est pas une claque, c’est un bourre-pif. Et bien placés qui plus est. Qui te sonne, t’étourdit, t’envoie dans les cordes. Si tu as le malheur de te relever, tu te rends compte bien assez vite que la boîte à marrons est loin d’être vide. Tant pis pour toi, Tu aurais mieux fait de rester au sol. Il est trop tard de toute façon, le KO n’est pas loin, tu ne vas pas tarder à voir les étoiles. Les canadiens ont une énergie folle. Au bout de 30 secondes de concert, le chanteur/guitariste Alex Edkins est déjà en nage et ses lunettes de geek recouvertes de buée. Il ne tient pas en place et hurle comme un sourd. Je pense que quelqu’un lui a mis des punaises dans ses converses,  je ne vois pas d’autres explications. Le batteur n’est pas en reste. On croirait presque voir Dave Grohl marteler ses fûts à la grande époque. La gestuelle est troublante. Nirvana ? Oui, mais à qui on aurait interdit de jouer la moindre mélodie. Enorme.
 
C’est encore groggy que nous nous rapprochons des premiers rangs de la grande scène du fort. Liars et son leader australopithèque Angus Andrew alternent vieux titres tripés et nouvelles pépites électro tirés de ‘Mess’ leur dernier opus. Ambiance malsaine et basses tortueuses sont de mise. Beaucoup n’adhèrent pas à ce cirque foutraque et enverraient sans sourciller les New-Yorkais au bûcher. Mais le concert monte en puissance et on sent même que le public change d’avis sur la fin du show. Liars part dans tous les sens, mais c’est bon de voir cette originalité préservée depuis leur début, surtout quand ça nous fait danser.
 
C’est aux alentours de 2h20 que les gens ont commencé à se prendre par les épaules et par la taille pour danser en rang et en rythme sur de la musique zouk. Quelqu’un avait-il balancé un pochon de MD dans les fûts de bière du festival ? Que nenni, seulement l’initiative d’un certain « Jim PaléHippie » qui préalablement sur Facebook avait annoncé vouloir battre le record du monde de la plus grande chenille. On s’en donne à cœur joie pour aider le Jim dans son entreprise. Mais l’ensemble des festivaliers, nous compris, étant bien trop dissipé et alcoolisé, il est difficile de maintenir le corps en un seul morceau et ce sont donc plein de bébés chenilles qui s’éparpillent sur tout le site du Fort Saint Père. Trois mille personnes auraient participé à cette idée saugrenue mais pleine de joie. Bonne marrade en tout cas.
 
Moderat termine cette folle soirée et c’est dommage parce que Moderat ce n’est pas très foufou. On aurait espéré se reprendre un peu de Rock’n’roll en pleine face pour clôturer tout ça.
Comme disait Maïté dans la cuisine des mousquetaires, « il en faut pour tous les goûts ».  
 
Dernier jour. Mes souvenirs sont déjà bien embrumés par les deux jours de bringues précédents. On arrive de plus en plus tard, sur un stage diving de Mac DeMarco qui, d’après ce qu’on voit, a insufflé sa bonne humeur à tout le monde. La chenille de la veille nous a sûrement tapée sur le ciboulot, à moins que ce ne soit la vodka, car on se lance dans un saute-mouton sur l’idée d’une certaine « Mlle Painauchocolat ». Nous aussi on veut notre record. Huit personnes, c’est déjà pas mal.
 
Baxter Dury arrive sous le soleil. Ses petites pop songs sont parfaites pour terminer l’apéro. Ce n’est pas dingue mais il faut avouer que le bonhomme à une sacrée classe. A l’anglaise. Dandy un jour, dandy toujours. Je m’imagine tout à fait rencontrer la femme de ma vie sur ce fond musical, sourire timide aux coins des lèvres, un regard suffirait pour comprendre. Une belle histoire à raconter à nos futurs enfants, oh toi belle inconnue, que je ne croiserais pas ce soir. A la place, je vais pisser contre une bâche qui m’en renvoie la moitié sur le jean tout en tenant avec les dents mon gobelet en plastique rempli de bière, qui me coule sur le torse. Romantique un jour, romantique toujours.
 
Retour sur la petite scène pour voir les psychédéliques anglais de Toy. C’est fort, leur musique est prenante, voire planante. Mais il manque quelque chose pour que le tout décolle réellement. C’est fâcheux. Un peu l’impression de boire un Mojito auquel il manquerait un ingrédient. Le Rhum et la menthe sont bien présents, mais pas de sucre de canne et de citron vert pour faire le liant. On refuse donc poliment la deuxième tournée pour aller reprendre des forces autour d’une bonne pizza. En plus, on est déjà bien bourrés et comme le disait Mme Goubert ma voisine « ah bah c’est sûre qu’on n’est pas des machines! Au bout d’un moment ça va péter moi je vous l’dis! A force de tirer sur la corde les gens en ont ras le bol! Et pis c’est comme Monsieur André qui s’est encore garé devant l’entrée… » Enfin bon. En tout cas elle n’avait pas forcement tort Madame Goubert. RIP.
 
On passe voir ce qui se passe au Stand Bonobo et son Juke Box Gravity. C’est un Blind test, mais avant de pouvoir répondre il faut trouver son équilibre sur une structure montée sur ressorts. On aurait bien essayé la bête mais « Sansan » et sa collègue font à nouveau l’animation et apparemment le public est conquis. J’espère qu’il y aura un stand dédié à « Sansan » l’année prochaine.
 
Et si on s’en roulait un petit pour Temples? Carrément. L’occasion s’y prête totalement. C’est quand même la nouvelle sensation du rock anglais encensée par la critique pour son premier album ‘Sun Structures’. Et c’est vrai que ce disque psyché est sacrément bon. Malheureusement on ressort de là un peu déçus. Les morceaux ne sont pas sublimés par le live. C’est un peu comme le carnet de note du Commissaire Bialès dans la Cité de la peur. Bien mais pas top. Peut-être trop d’attente sur ce groupe qui a pourtant un talent indéniable. Malgré tout l’album tournera à nouveau sur la platine. Le tarlu nous aura au final plus monté en l’air que la prestation des gars originaires de Kettering.
 
00h05. Cheveu. L’heure suivante restera sûrement dans les annales du Festival. Les français ont juste tout défoncé. L’herbe ne repoussera pas derrière leur passage. Si c’est le cas elle sera suintante, tremblante et d’une couleur inconnue. Les bordelais ne jouent pas dans la même division que les autres. Ils sont seuls tout en haut. Nous ne sommes plus dans la claque, ni même le bourre-pif. Ce sont de véritables coups de marteaux qui nous sont assénés sur le crâne. Les basses nous emplâtrent le torse, la guitare nous met des coups de rasoirs et David Lemoine, le chanteur, subjugue par son phrasé si particulier, ses paroles indéchiffrables et sa gestuelle d’autiste démoniaque. Ils sont tellement concernés. La foule est en transe. Tout le monde se rentre dedans. C’est primitif et sauvage. L’énergie dégagée devant la scène permettrait d’allumer les lampadaires de Saint Malo pour une bonne année. Ces chansons si originales et particulières ont le don de foutre un bordel monumental. C’est « La » performance du festival. Elle est Made in France. Super idée de clôturer cette 24ème édition avec eux. Que faire après ça? On vient de rester bloqués dans une machine à laver avec des pavés pendant une heure. Nous ne pouvons même plus se parler. « C’était dingue… » « Ouais putain … » sont les seuls mots que l’on prononcera pendant la prochaine demi-heure. Seul « Fabien » arrivera à glisser un petit « on va pisser? ». Normal.
 
Voilà. Le festival est terminé. On est épuisés, tristes de partir, mais tellement contents d’en avoir pris plein les mirettes et d’avoir fait le plein de musique live et d’excellents souvenirs. Faire la Route du Rock avec ses amis, ça n’a pas de pr… Pardon? Oui, c’est vrai… On me signale que ce sont en fait Jamie xx et Todd Terje qui ont clôturé le festival. Mais pourquoi? Je n’ai vraiment rien contre ces artistes, au contraire. Mais pas là, pas maintenant. Quel dommage que la Route du Rock se termine sur des DJs Sets, aussi efficaces soient-ils. C’est vraiment pour moi le seul point négatif. Il serait tellement plus agréable et approprié de clôturer cette superbe réunion de passionnés de musiques, de fêtards et de curieux en tout genre par ce qui fait depuis des années sa renommée, le pourquoi du comment, l’essence même du truc : Le Rock.
 
On se quitte pour de bon. La redescente va être longue et  tristounette, mais on a sacrément bien profité. Comme des salopards même. Merci et bravo à tous, sans exceptions, même les goélands, pour ces moments. Ces bons moments. Ces magnifiques moments.
 
Ahhh la Route du Rock…
 
Salut !

 
En bonus : La superbe interview de « Fabien » par le Mouv à 5m20s juste ici.
 
Merci Fabien. Relève toi Fabien … Repose toi Fabien.
 
Source : Musicabrac
 
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